Quand
on vous propose de gagner quasi infailliblement en bourse,
fuyez. C’est trop beau pour être honnête.
Une petite entreprise luxembourgeoise, Trading Research Center,
relève pourtant le défi en organisant des formations
payantes au day-trading sur le Nasdaq. Pour montrer le sérieux
de sa méthode One Trade destinée aux particuliers,
elle affiche des chiffres éblouissants, mais surtout
vérifiables, au jour le jour depuis plus de trois ans.
Le day-trading est une folie, aux Etats-Unis notamment, qui
a provoqué des drames financiers parmi ceux qui s’y
adonnent comme à une drogue. Acheter et revendre des
actions le jour même demande savoir faire et discipline…
Les créateurs de One Trade, Jan Vansinte, le Cinacien,
et Nicolas Meunier, le Français, sont venus installer
leur ordinateur au journal pour se livrer à une transaction
sans filet…
Un simple PC portable et une connexion internet haut débit
suffisent pour se brancher en direct sur le Nasdaq moyennant
un accès fourni par un broker (courtier), ici luxembourgeois,
préalablement crédité d’au moins
25 000 €.
Pourquoi le Nasdaq ? La première Bourse électronique
d’actions regroupe beaucoup de valeurs dites technologiques
mais aussi d’autres grands noms. Les échanges
d’actions sont impressionnants : un acheteur y trouve
donc immédiatement un vendeur, et vice-versa.
La méthode One Trade mise au point par nos deux gaillards
doit s’appliquer à l’aveugle, sans état
d’âme, et avec des objectifs volontairement limités.
Elle se base surtout sur la volatilité des cours, l’écart
entre le prix le plus bas et le prix le plus haut d’une
action lors d’une séance. Par exemple, une action
cotée 100 qui grimpe sans arrêt pour atteindre
101 a une volatilité beaucoup moins intéressante
que la même action partant de 100 et arrivant à
100 mais étant passée par 98 et 102.
Les day-traders formés par One Trade téléchargent
donc l’évolution des cours de toutes les actions
du Nasdaq 100 de la séance précédente
et un tableur en sélectionne mathématiquement
quelques-unes en fonction, essentiellement, de la volatilité
lors des 20 dernières séances.
C’est l’action arrivant en tête qu’il
convient de « jouer ».
En
direct...
15h30
approche. 9h30 aux Etats-Unis. Mieux vaut déjà
être branché avant le déclenchement des
hostilités, car c’est à ce moment-là
que la volatilité est en principe la plus grande.
Jan et Nicolas se positionne sur la valeur du jour, sans se
laisser influencer par les rumeurs du marché. Mardi
de la semaine dernière, c’était BRCM,
sélectionnée par la méthode. La veille,
les transactions sur la seule action Apple avaient dépassé
2 milliards de dollars, ce qui en dit long sur l’animation
du Nasdaq.
L’écran affiche de multiples graphiques et tableaux.
Le day-trader ne doit pas y être allergique. A la seconde
près du début de la séance, les chiffres
commencent à s’affoler, les tendances à
se dessiner. Il faut attendre le moment d’entrer, en
fonction des données et des graphiques relevant de
l’analyse technique.
«
C’est fait. On est rentré à 70 (USD).
La cible c’est 70,49. » Aujourd’hui,
Jan et Nicolas ont choisi de « jouer » à
la hausse. Ils ont indiqué un stop à la baisse,
à 69,51.
Après avoir grimpé, BRCM replonge et frôle
le niveau du stop, mais repart in extremis à la hausse.
En sept minutes, le cours dépasse la cible. Le day-trader
a fini sa journée…
C’est l’heure des décomptes : «
En fait, on est rentré à 70,064 mais la sortie
s’est faite à 70,50 au lieu de 70,49. »
Bilan pour 1 500 actions : un gain de 654 € dont il faut
retirer 48 € de frais de courtage. Total : 606 €.
« Avec notre méthode, le day-trader dort
tranquille, les pertes sont forcément limitées
et la bourse peut même s’effondrer pendant la
nuit….En gros, statistiquement, nous sommes gagnants
six fois sur dix, nuls deux fois (sortie après une
heure sans avoir atteint la cible ou le stop) et perdants
deux fois. »
Pourquoi
donnent-ils les numéros gagnants ?
Depuis
ses débuts, le 29 avril 2002, la méthode One
Trade affichait hier soir une progression de 366,6 %, bien
supérieure évidemment à celle du Nasdaq
en général. Et 2006 a démarré
en force, avec déjà + 15,7 %. Mais ces chiffres
doivent être tempérés par la prise en
compte des frais de courtage. Ceux-ci amputent une partie
importante des revenus (et aggravent les pertes). Par contre,
les intérêts composés n’ont pas
été pris en compte.
Si vous connaissiez à l’avance les numéros
gagnants du tiercé (ne parlons pas de paris sur le
foot belge !), en feriez vous la publicité ? Jan Vansinte
et Nicolas Meunier se défendent de donner des conseils
boursiers (ils ne sont d’ailleurs pas agréés
pour cela). Ils se contentent d’organiser des formations
payantes au day-trading et à l’application de
leur méthode One Trade.
Ce n’est d’ailleurs pas donné : 3 600 €
pour une formation de deux jours par groupe de quatre au maximum,
la fourniture de la documentation et un service après-vente
illimité. Certains de ces stages sont organisés
à Ciney ou à Bruxelles.
Et pour continuer à fonctionner à plein rendement,
leur méthode doit forcément limiter le nombre
de ceux qui l’utilisent.
Jan Vansinte et Nicolas Meunier espèrent donc ouvrir
un jour leur propre maison de gestion où ils spéculeraient
avec les capitaux de leurs clients, d’où l’importance
d’une transparence totale.

Nicolas,
un spécialiste de la formation, et
Jan, le Cinacien, écartent tout élément
émotionnel de leur méthode. |
|
|
VITE
DIT
25
000 € au minimum.
Pour intervenir comme day trader sur le Nasdaq, il faut, en
pratique dispose de 25 000 euros de liquidités à
cet effet. Afin de limiter l’influence des frais de
courtage, l’idéal est même de pouvoir mettre
100 000 € en jeu.
Notons d’autre part que les rendements affichés
par One Trade tiennent compte d’une particularité
du Nasdaq. Les brokers peuvent fournir un crédit gratuit
aux day-traders de manière à multiplier leur
mise jusqu’à 4 fois. Depuis un an, la volatilité
des actions ayant diminué, One Trade se sert de cet
effet de levier, mais d’une manière limitée,
en multipliant par 1,75 les montants réellement disponibles.
Un mois « à blanc ».
Ceux qui hésitent à s’offrir directement
la formation de deux jours peuvent s’inscrire au préalable
à une journée de formation de base (150 €).
D’autre part, avant de se lancer réellement sur
le Nasdaq, il est conseillé de s’exercer pendant
un mois « à blanc » , le temps d’acquérir
les réflexes et les nerfs nécessaires.
Un nouveau sport belge.
De plus en plus de Belges se lancent dans les transactions
boursières en ligne. Sans citer de chiffres, Jean-Guillaume
Zurstrassen, le CEO de Keytrade Bank qui est peut-être
le « broker online » le plus connu chez nous,
expliquait hier à un confrère de L’Echo
: « Ca marche du tonnerre de dieu. » Et de constater
que les investisseurs particuliers « investissent de
manière plus raisonnée » qu’à
l’époque de la bulle internet.
Directeur
commercial de la filiale belge de la Blinck Bank hollandaise,
Vincent Gemyns estime à 200 000 le nombre de clients
belges susceptibles d’investir via un broker online.