Posséder
un capital minimum et des nerfs d'acier est indispensable
pour tout day-trader.
Très en vogue à la fin des années nonante, le daytrading
(achat et vente d'une même action à quelques heures
d'intervalle) est tout à fait passé de mode et a même
assez mauvaise presse. Il est vrai que depuis l'effondrement
des actions technologiques, de nombreux petits investisseurs
spéculant au jour le jour sur des sociétés soi-disant
merveilleuses ont perdu beaucoup d'argent. Cela a
découragé à jamais une large tranche d'investisseurs.
Pourtant, le day-trading n'a pas disparu et attire encore
des adeptes, y compris des professionnels, dont Trading
Research Center, une SA luxembourgeoise spécialisée
en day-trading. Elle a la particularité d'avoir entamé
ses activités en juillet 2001, c'est-à-dire juste après
les années folles des Bourses. Cela ne l'empêche pas
de s'en sortir plutôt bien grâce à une méthode précise,
disponible depuis avril 2002 et baptisée "One Trade",
permettant en théorie de gagner aussi bien en cas de
marchés haussiers que baissiers.
Qualités
humaines
Les deux fondateurs de Trading Research Center, Jan
Vansinte et Nicolas Meunier, ont longuement cherché
avant de mettre au point une méthodologie efficace de
day-trading se basant sur des indicateurs techniques.
Ils insistent toutefois beaucoup sur la manière dont
le day-trading doit être appliqué et avec quels objectifs.
"Le day-trading requiert avant tout de grandes qualités
humaines. La première d'entre elles est sans doute de
savoir faire abstraction de ses sentiments au moment
de passer un ordre en Bourse", expliquent-ils. Ils ajoutent
que la cupidité ou la peur causent régulièrement des
dégâts et que seuls les plus forts mentalement s'en
sortent.
"Pour faire abstraction de ses sentiments, il est
indispensable que les capitaux consacrés au day-trading
ne soient pas de l'argent dont on a besoin pour vivre.
Lorsque l'on se trouve dans une situation difficile,
on commet des erreurs et on perd", insistent-ils,
parlant d'expérience. "Résister à la pression est
en effet terriblement difficile."
Côté objectifs, Jan Vansinte est optimiste mais pas
euphorique: "Avec notre méthode, vous gagnerez peut-être
100% par an, mais pas 600%. Cela peut paraître étonnant,
mais on a vu beaucoup de day-traders "professionnels"
promettre de tels chiffres. C'est bien entendu de
l'arnaque et cela a malheureusement nui à la réputation
du day-trading."
Comment
ça marche?
La méthode de day-trading élaborée par Trading Research
Center répond à des critères très précis et peut théoriquement
être appliquée par n'importe qui. Le principe de base
est le suivant:
Chaque jour, avant l'ouverture de la Bourse américaine,
les clients de la société sélectionnent l'action
sur laquelle ils agiront et dans quel sens (soit un
achat, pour profiter d'une hausse du cours, soit une
vente à découvert, pour profiter d'une baisse). Sans
entrer dans les détails, cette action est sélectionnée
en fonction de critères de liquidité et de volatilité.
Ce sera obligatoirement une action membre de l'indice
Nasdaq 100. "La plate-forme électronique du Nasdaq
et la liquidité de ses grandes valeurs permettent
en effet d'acheter ou vendre à tout instant, ce qui
est indispensable", explique Nicolas Meunier.
Il convient alors d'être attentif dès l'ouverture
du marché américain (15h30 heure belge) à un indicateur
technique particulier évoluant en continu. Au moment
précis où cet indicateur donnera un signal, on passera
l'ordre. A partir de là, on attendra simplement d'avoir
gagné 1,5% avant de dénouer l'ordre (vendre ce que
l'on a acheté ou acheter ce que l'on a vendu). Et
si l'on a perdu 1,5%, on dénouera également l'ordre
pour limiter sa perte. Si à 16h30 le seuil de 1,5%
de gain ou perte n'a pas été atteint, on dénouera
de toute façon l'ordre. De cette manière, le trading
ne prend jamais plus d'une heure par jour et peut
même se limiter à quelques minutes. "Cette limitation
de la durée est importante. Elle permet à nos clients
de faire d'autres choses que du trading et limite
la période de stress intense", explique Meunier.
Frais
et capital minimum
On peut maintenant se demander si tous les bénéfices
engrangés par le day-trading ne s'envolent pas en
frais de courtage. "Cela serait en effet le cas sur
des Bourses européennes, mais pas sur le Nasdaq, où
les frais sont moindres", rassure Vansinte. En passant
par le courtier luxembourgeois WH (le seul francophone
qui propose l'accès direct au Nasdaq), on ne paie
que 18 dollars par transaction. Il faut encore y ajouter
0,5 USD de "SEC fees" et 0,003 USD par action pour
l'intermédiaire américain (INCA). Pour une opération
portant sur 1.000 actions à 25 USD, cela fait un total
de 21,5 dollars de frais. Multipliés par deux (nombre
d'opérations par jour), cela fait 43 USD, soit 0,17%
du capital. Ce n'est donc pas un obstacle majeur à
condition de disposer de ce capital minimum de 25.000
dollars. Ce minimum est d'ailleurs une obligation
légale aux USA pour pratiquer le daytrading.
On comprendra que ceux qui disposent de cette somme
seront prêts à débourser 600 euros (une seule fois)
pour accéder à la précieuse méthode. L'accompagnement
facultatif est gratuit.
Convivialité
Un des points forts de Trading Research Center est assurément
le suivi et l'aide qu'il propose à sa centaine de clients.
Le tout est fait de manière particulièrement conviviale,
comme on peut le constater sur le forum
du site, dont une partie est réservée aux abonnés et
l'autre est accessible à tout le monde. Loin d'être
livré à soi-même, on sait à qui on s'adresse et on reçoit
tous les jours les commentaires des deux compères, qui,
signalons-le, engagent leurs fonds personnels chaque
jour. Leur convivialité est bienvenue avant, pendant
et après l'heure pour le moins stressante que l'on est
amené à vivre chaque jour.
Mais répétons-le encore pour conclure: le day-trading
n'est pas fait pour tout le monde et ne doit s'envisager
qu'avec de l'argent sur lequel on ne compte pas pour
vivre. Quant aux résultats obtenus, ils dépendent
essentiellement de la capacité de chacun à se conformer
aux règles établies à l'avance, "ce qui n'est pas
donné à tous", admettent les fondateurs.
Démonstration
concluante malgré une perte
Afin
de nous rendre compte de la manière dont se déroule
le day trading façon Trading Research Center,
nous avons assisté à une démonstration
bien réelle.
Quelques
heures avant l'ouverture du Nasdaq, Nicolas Meunier
a mis en route le logiciel de tri baptisé TRC
Scanner et en a retiré une valeur sur laquelle
agir. Il s'agissait pour cette séance de Novellus
Systems, qu'il fallait acheter au moment du déclenchement
du signal. Connectés à la plate-forme
du Nasdaq dès l'ouverture à 15h30, nous
avons attendu le déclenchement de l'indicateur
technique concerné (c'est tous les jours le
même indicateur qu'il faut suivre). Cela s'est
produit vers 15h45, moment où nous avons acheté
900 Novellus à 28,65 dollars. Elle a ensuite
grimpé jusqu'à +1%, puis baissé
jusqu'à -0.8%, mais sans jamais atteindre l'écart
déterminant des 1,5%. A 16h30 très précises
(à la seconde près), l'opération
a dès lors été dénouée
par la vente des 900 titres à 28,48 dollars.
Le
résultat du jour a donc été une
perte de 0,59%. Il faut ajouter des frais de 42,4
dollars, ce qui porte la perte à 0,76%. "
C'est la preuve qu'on ne gagne pas tous les jours.
Mais au moins, la perte a-t-elle été
minime ", explique Jan Vansinte. Pour l'anecdote,
l'indice Nasdaq 100 a perdu 0,96% ce jour-là
et Novellus Systems a reculé de 2,71% ! "
Un des nombreux avantages du day-trading est que l'on
se rend vraiment compte de ce que l'on gagne ou perd.
Ce n'est pas le cas de l'investisseur classique qui
ne regarde les cours qu'une fois par mois ",
ajoute-t-il.
Si
l'opération du jour ne s'est pas soldée
par un gain, il nous a toutefois été
permis de constater que le mécanisme est bien
rôdé et que la vitesse d'exécution
est réellement impressionnante. Il est vrai
que les actions du Nasdaq 100 sont très liquides
et qu'il est donc possible de vendre dans la seconde
sans le moindre problème. Voilà déjà
un risque éliminé.